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Quelle stratégie face à l’extrémisme ?

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L’actualité est tellement forte qu’un événement chasse rapidement l’autre et que les informations succèdent aux informations. Il vaut la peine cependant de revenir sur une étude parue dans Le Monde, le 7 février, l’édition de janvier du baromètre SOFRES sur l’image du Front national.

Je voudrais insister sur un paradoxe apparent de cette étude. Elle montre, d’abord – et ce n’est pas une surprise- une porosité plus affirmée entre les électorats de l’UMP et du Front National. Celle-ci ne se fait pas cependant sur les solutions politiques que propose le Front national mais sur des attitudes identitaires, l’attachement aux valeurs traditionnelles de la France, le rejet de l’Islam, une demande de sévérité en matière de sécurité et de justice. On mesure là, l’effet des déclarations de Nicolas Sarkozy d’abord et des dirigeants de l’UMP récemment, au premier rang desquels Jean-François Copé (oh, le « petit pain au chocolat » !), qui ont légitimé ces idées. Cela est évidemment dangereux et nourrira la tentation d’alliances électorales.

Mais il faut revenir sur la faible adhésion dans l’opinion aux propositions concrètes du Front national. L’idée qu’il faudrait sortir de l’euro – affirmation phare de Marine Le Pen- recule, alors que la situation de l’Europe n’incite pas à l’optimisme, c’est le moins que l’on puisse dire. Tout aussi significatif est la faible approbation que recueille le principe de la préférence nationale. 73 % des personnes sondées considèrent qu’il n’y a pas de raison de faire de différence entre un Français et un immigré en situation régulière.

Il faut donc utiliser la notion de « banalisation » avec prudence. Le Front National demeure, pour une large majorité de français, un parti protestataire qui n‘a pas vocation à gouverner. Mais son effet le plus dangereux pour l’heure est d’exercer un pouvoir d’influence sur un part importante de la droite et, au-delà, dans l’opinion. Cela ne peut pas être ignoré par la gauche. Une stratégie de l’isolement risque de ne pas être suffisante. Le sondage suggère une attitude qui peut être la nôtre. La faiblesse de l’adhésion sur les politiques proposées montre que les socialistes doivent mettre l’accent sur les réalités concrètes de la politique, avec les conséquences des choix faits et à faire. Ce n’est pas en mettant son drapeau dans sa poche – tout particulièrement sur la question européenne en 2014…- que l’on entraîne la conviction. Il faut affronter le débat avec force et détermination. L’acte de gouverner crée évidemment des interrogations et des mécontentements, mais cela peut –être également un argument quand il est pleinement assumé.

Alain BERGOUNIOUX

arnaud

Lu sur La revue socialiste Blog

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